Parage délicat d’une plaie à la queue chez une chatte (Attention, images chirurgicales)

Basile est une chatte stérilisée de un an vivant dans une maison avec accès à l’extérieur. Elle est rentrée un jour avec la queue très abîmée, la peau avait été arrachée. On parle de plaie de dégantage. Photo 2.

 

Plaie de dégantage

Plaie de dégantage. Lésion très délabrante.

Une première intervention chirurgicale a été réalisée pour couper la queue nécrosée. En post opératoire immédiat, les sutures sont satisfaisantes.

Basile a reçu des traitements antibiotique, anti-douleur et anti-inflammatoire.

Cependant, les tissus n’ont pas cicatrisé correctement. Photo 3

 

Lors du traumatisme à l’extérieur, la queue a probablement été coincée (par exemple sous la roue d’une voiture ou dans un piège etc…) et la peau étirée dans la zone au dessus de la base de la queue. Les vaisseaux sanguins de la peau n’ont pas la même capacité d’extension que la peau et peuvent se déchirer lors de cet étirement. La peau n’étant alors plus irriguée par le sang nécrose progressivement dans les jours qui suivent. Photo 4

Défaut de cicatrisation.

 

Une deuxième intervention est alors nécessaire, il faut enlever tous les tissus morts jusqu’à retrouver du tissus vivant, que l’on reconnaît car il saigne à la section. Photo 5a, 5b, 5c

vue latérale après deuxième intervention.

Devant le déficit de peau présenté, une chirurgie de lambeau d’avancement cutané ainsi qu’une caudectomie (coupe de la queue) plus haute sont réalisées. Photo 6

schema : Technique de lambeau d’avancement

Pour que la cicatrisation cutanée se fasse, les berges de la plaie doivent être apposées sans tension. La technique du lambeau d’avancement permet de diminuer la tension en zone caudale, la plus proche de la queue. On enlève alors deux petits triangles de peau en zone crâniale et la peau est alors « poussée vers l’arrière depuis l’avant de l’animal » au lieu d’être « tirée depuis l’arrière », ce qui diminue la tension et favorise ainsi la cicatrisation de la plaie.  Photo 7a 7b 7c

Photo : Technique de lambeau d’avancement

Basile a été confinée dans un espace restreint pour que les sutures soient au minimum sollicitées par les mouvements. Elle a reçu des traitement anti inflammatoire, anti-douleur et anti-biotiques.

Au bout de 15 jours, tous les points sont retirés et la cicatrisation est terminée. Basile peut retrouver une vie normale, sans collerette, et se promener à l’extérieur.

Après 15 jours de confinement, le résultat est satisfaisant.

 

Les complications de nécrose vasculaire peuvent aussi survenir lors de morsure ou de brûlures. Il faut parfois attendre plus d’une semaine avant de pouvoir intervenir et surtout donner un pronostic sur le devenir des tissus en souffrance.

Depuis Basile a repris une vie normale, mais reste beaucoup plus à la maison qu’avant.

« Prudence est mère de sureté ».

Cas clinique du dr Tiphaine Moreno, vétérinaire exerçant la chirurgie à la clinique Hermes Plage.

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